Rouille tumeur du genévrier
 
Nom anglais
Cedar-apple rust
 
Catégorie de la maladie
Maladies des feuilles, des aiguilles et des pousses
 
Nom de l'agent pathogène
Gymnosporangium juniperi-virginianae Schwein.
 
Hôtes
Juniperus virginiana L.
Malus spp.
Thuja occidentalis L.

Symptômes
Défoliation précoce
Flétrissement
Galle / tuméfaction
Tache

Signes
Écies
Pycnies
Télies

Description
Le signe le plus apparent de cette maladie est la galle gélatineuse (télie) orange à brune-rouge que l’on observe sur le rameau du Juniperus virginiana. Cette galle devient gélatineuse au printemps; elle disperse des millions de basidiospores et sèche sur le rameau par la suite. Une fois tombées, ces parties gélatineuses laissent une simple galle sur le Juniperus.

Ensuite, l'agent pathogène de la rouille s'attaque aux feuilles, aux branches et aux fruits du pommier et du pommetier, causant une défoliation prématurée et le rabougrissement des fruits. Les pommiers ou les pommetiers gravement infectés ou très vulnérables peuvent en mourir. Le champignon de la rouille infecte et tue les aiguilles et les petites branches du genévrier rouge et produit des tumeurs disgracieuses. Le champignon annelle et tue les plus petits rameaux. Lorsqu'une tige présente plusieurs tumeurs, la croissance est réduite chez les arbres. Quant aux semis, ils sont tués. Les pommes attaquées cessent de croître au point d'attaque et s'en trouvent déformées.
 
Cycle biologique
La rouille tumeur du genévrier est une rouille qui doit nécessairement passer par son hôte alternant, le pommier ou le pommetier, pour compléter son cycle. Son cycle diffère des autres rouilles en ce qu’il ne présente pas de stade urédie. 

Les basidiospores sont relâchées à partir des télies âgées de 21 à 22 mois. Ces télies prennent la forme de cornes gélatineuses se développant sur les galles du genévrier. Les téliospores contenues dans les télies germent sur place produisant les basidiospores qui infectent les feuilles de Malus; parfois, elles infectent aussi les fruits et les rameaux verts. L’infection produit une tache circulaire jaune occasionnellement cerclée de rouge au centre de laquelle on observera les picnies (mi-juin) sur la feuille de Malus. Quelques semaines plus tard vers la mi-juillet, on verra sous la feuille des écies en forme de colonne et de coloration blanchâtre. L’ouverture des écies libère les éciospores, qui infecteront le Juniperus. Des vestiges des écies ont l’allure papyracée. De petites galles se formeront sur le Juniperus à partir du printemps. Les galles se développeront partout sur l'arbre et sur les aiguilles. À l'automne, elles auront atteint leur pleine grandeur, elles seront brun-gris et réniformes. Le printemps suivant, les galles matures produisent des cornes brunâtres qui s'allongent et deviennent gélatineuses, d'un jaune brillant durant les pluies du printemps. C'est à partir de ces structures gélatineuses que les basidiospores seront dispersées par le vent. Le cycle tient sur deux ans.

Les conditions d’infection de la feuille de Malus sont des températures basses et une forte humidité. Selon Sinclair& Lyon (2005), une période de 4 à 6 heures et une température variant entre 10 et 24 °C suffisent.

L’hivernage de la rouille se fait sur le Juniperus.

La dispersion des basidiospores se fait par le vent sur des distances allant jusqu’à 10 km, mais la plupart du temps elles parcourent quelques centaines de mètres.

Jusqu’à 7,5 millions de basidiospores sont produites à partir d’une seule galle.

Normalement, le cycle est brisé par l'élimination de l'hôte alternant.
 
Stratégie d'intervention
Cette rouille n’est pas combattue en forêt naturelle. Cependant, les pertes associées aux vergers peuvent atteindre dans les bonnes conditions jusqu’à 10 % de la récolte, quoique les chiffres normaux soient de l’ordre de 0,8 % de la récolte annuelle aux États-Unis. 
L’intervention la plus écologique consiste à éliminer les hôtes alternants, soit les Juniperus virginiana dans un rayon de 1 km du verger. C’est d’ailleurs l’objet d’une loi dans certains États du Nord-Est. 

La maladie est surtout présente en Ontario. Au Québec, l’aire naturelle de distribution du Juniperus virginiana occupe la région de l’Outaouais et le sud de la région montréalaise. Conséquemment, seuls les vergers situés dans ces régions peuvent souffrir de la rouille tumeur des genévriers. De plus, l’utilisation de fongicide dans le cadre de la lutte à la tavelure, permet de contrôler l’infection à un niveau raisonnable.

Les aménagements d’arbres d’agrément impliquant l’utilisation simultanée du Juniperus virginiana et d’un pommetier ou d’un pommier, devraient être proscrits.
 
Commentaires
Gymnosporangium globosum suit le même cycle biologique, mais passe par les Crataegus, les aubépines et par les Juniperus communis, Juniperus horizontalis et Juniperus virginiana.
Les pays européens où cette rouille est inexistante suggèrent une quarantaine d'une année avant d'examiner les Juniperus virginana importés. Ils sont ainsi à la recherche d'infection latentes. Il n'y a pas de risques cependant à importer les pommiers sur lesquels le champignon ne reste pas en dormance. Pour ce qui est des pommes infectées, elles sont tellement déformées qu'elle ne répondent pas aux normes de qualité et ne sont pas importées en Europe.
Cette rouille était connue sous le nom de rouille du genévrier et du pommier autrefois.
 
Références
MYREN, D.T., G. LAFLAMME, P. SINGH, L.P. MAGASI et D. LACHANCE (1994). Maladies des arbres de l’est du Canada, Groupe communication Canada, Ressources naturelles Canada, Service canadien des forêts, Ottawa, 159 p.

SINCLAIR, W.A. et H.H. LYON (2005). Diseases of trees and shrubs, 2e édition, Cornell University Press, Ithaca N.Y., 659 p.

TAINTER, F.H. et F.A. BAKER (1996). Principles of forest pathology, Wiley and Sons, 805 p.