Nodule noir
 
Nom anglais
Black knot
 
Catégorie de la maladie
Maladies des troncs et des branches
 
Nom de l'agent pathogène
Apiosporina morbosa (Schwein.: Fr.) v. Arx
 
Hôtes
Prunus pensylvanica L.
Prunus serotina Ehrh.
Prunus virginiana L. var. virginiana

Symptômes
Chancre
Galle / tuméfaction
Gommose

Signes
Stroma

Description
Cette maladie est commune dans toute l'aire de distribution des cerisiers au Canada. Le nom nodule noir décrit l'excroissance ou la tumeur chancreuse noire ou de couleur charbon, rugueuse et fusiforme, qui apparaît généralement sur un côté de la branche infectée, mais qui va l’encercler dans la majorité des cas. Le diamètre des nodules varie de 4 mm à 4 cm, et la longueur atteint de 8 mm à 20 cm. Le premier signe de la maladie est un léger renflement de la branche infectée. À mesure que ce renflement s'accroît, l'écorce se rompt, ce qui donne lieu à la formation d'un nodule brun pâle à vert olive, qui finit par virer au noir. Les portions du rameau ou de la branche au-dessus du nodule meurent. Il peut donc causer une mortalité considérable de branches de toutes grosseurs. Toutes ces infections provoquent un rabougrissement marqué. En vieillissant, les nodules deviennent criblés de galeries creusées par des insectes. Le champignon pathogène forme aussi des chancres au tronc. À l'occasion, de grandes quantités de gomme sont produites par l'hôte dans la zone chancrée sur le tronc ou sur de grosses branches, lorsque le temps est humide.

Le nodule noir rend les arbres d'ornement disgracieux. Il réduit aussi la production de fruits. Quant au cerisier tardif, qui est le seul hôte pouvant atteindre une taille commerciale en forêt, la maladie l'affecte de différentes façons : les tumeurs sur le tronc font mourir les arbres de petite taille, et les chancres au tronc servent de points d'entrée aux champignons de carie.

Il arrive qu'un champignon parasite du nodule, Scopinella sphaerophila (Peck) Malloch, donne une apparence veloutée au nodule.
 
Cycle biologique
La première infection commence au printemps, mais le renflement n'est pas visible avant l'automne ou le printemps suivant. À ce moment-là, l'écorce se rompt et une couche vert jaunâtre pâle remplit les crevasses. À la fin du printemps suivant ou au début de l'été, la région infectée devient vert pâle, après quoi une enveloppe veloutée vert olive se forme sur la surface de la tumeur. Cette enveloppe est composée de conidies qui seront dispersées par le vent; ce stade conidien est un hyphomycètes du genre Fusicladium. À la fin de l'été, l'enveloppe veloutée disparaît et les nodules deviennent de plus en plus foncés pour finalement virer au noir et durcir. Il y a alors formation de cavités dans un stroma fongique nommé pseudothèce dans lesquelles sont formé les asques qui produisent des millions d’ascospores. Le printemps suivant, ces spores sont libérées et dispersées sur les nouvelles branches saines, où elles germent et produisent de nouvelles infections. Ceci complète le cycle biologique de deux ans du champignon.

La zone centrale ou les parties plus vieilles du nodule meurent pendant la deuxième ou la troisième année après l'infection. Mais le champignon continue de croître à sa périphérie et s'étend sur les tissus adjacents jusqu'à ce que la branche soit encerclée;il s'étend encore plus rapidement le long de l'axe linéaire de la branche. Les vieilles infections restent sur les branches pendant plusieurs années. Bien que les petites branches puissent être tuées moins d'un an après l'infection, les grosses branches résistent habituellement à l'attaque ou à la propagation de l'infection pendant plusieurs années. La plupart des nodules du tronc tirent leur origine des infections d’une petite branche latérale.
 
Stratégie d'intervention
Tous les branches infectées devraient être coupées à environ 15 cm en bas du nodule à la fin de l'automne. Les outils utilisés devraient être nettoyés avec de l'alcool (70 %) entre les coupes. Le matériel devrait être détruit. On doit couper les chancres sur les troncs des arbres de grande valeur en laissant en place une marge d'écorce saine. On recommande de détruire tous les arbres fruitiers infectés, sauvages et sans valeur dans les environs. Un fongicide peut se révéler efficace dans la prévention de l'infection et les pulvérisations devraient être effectuées dès que les bourgeons commencent à éclore, ensuite lorsque les bourgeons des fleurs s'ouvrent, et enfin lorsque les pétales tombent. Certaines variétés d’arbres fruitiers offrent une certaine résistance à la maladie et elles devraient être retenues si l'on projette une plantation. Outre S. sphaerophila, deux autres champignons seraient efficaces comme agents de répression biologique : Trichothecium roseum (Hoffm.) Link: Fr., qui apparaît en juillet et en août, et Coniothyrium sp., qui est fréquemment isolé des nodules.
 
Commentaires
Dans la documentation ancienne, Apiosporina morbosa était appelé Dibotryon morbosum (Schwein.: Fr.) Theiss. & Sydow, l'anamorphe étant un Fusicladium.
 
Références
CORLETT, M. Apiosporina morbosa. Agriculture Canada, Ottawa (Ontario). Fungi canadenses 84. 1976. 2 p.

LAVALLÉE, A. et G. LAFLAMME. Le nodule noir du cerisier. Région de Québec – Feuillet d’information CFL 16. Ressources naturelles Canada. Service canadien des Forêts 1995. 7 p.

SINCLAIR, W.A. and H.H. LYON. Diseases of trees and shrubs. Second edition. Cornell University Press, Ithaca and London. 2005 p.152-153.